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Photo by Daniele Levis Pelusi on Unsplash

Laver ses tricots

Laver ses lainages à la main n’est clairement pas la partie la plus enthousiasmante du tricot, mais c’est la solution que je préfère pour m’assurer de la longévité de mes tricots. Je vous livre ici quelques conseils concernant la lessive à utiliser et le procédé de lavage, afin que cela ne devienne pas une énième corvée barbante, encombrante et chronophage !

Quelles sont les fibres à laver à la main ?

Dans cet article je vais parler essentiellement de laine, c’est-à-dire du poil de mouton, bien que mes conseils s’appliquent aussi à l’alpaga et au cachemire, par exemple.

En mercerie, on trouve souvent de la laine traitée « superwash », ce qui permet en théorie de la passer à la machine à laver (à basse température et avec un essorage très doux). Personnellement, je tricote de moins en moins ce type de laine car le traitement superwash n’est pas très écologique. Mais en tout cas, superwash ou pas, je lave tout à la main ! C’est une façon pour moi de garantir la durabilité de mes lainages.

laine superwash

Si vous désirez en apprendre davantage sur le traitement superwash, je vous recommande la lecture de cet article sur le blog d’Imogene – Big Bad Yarn.

Concernant les fibres synthétiques, acrylique ou polyamide par exemple, elles peuvent en théorie passer en machine. Attention toutefois aux mélanges de fibres : pour garantir une longue durée de vie à celles-ci, il faut toujours laver aux conditions de la fibre la plus fragile. En conséquence, si votre pull est constitué de 50% d’acrylique et de 50% de laine, il vaudra mieux le laver selon les contraintes de la laine.

Bien sûr, ce ne sont que des conseils, pas des vérités absolues. Ils sont le reflet de mon expérience, qui n’est pas forcément la même que la vôtre…

 

Quelle lessive utiliser ?

On trouve facilement des lessives spéciales pour les lainages dans les rayons des supermarchés. De même, des marques comme Eucalan ou Soak proposent une lessive sans rinçage pour les tricots.

Personnellement, je n’utilise rien de tout cela. Je me sers d’un simple pain de savon de Marseille. Je trouve cette solution plus économique, plus écologique et meilleure pour ma santé (à cause de toutes mes allergies aux cosmétiques et aux produits ménagers, notamment).

Je vous recommande celui sans glycérine, de couleur verte, et estampillé du label de l’Union des Professionnels du Savon de Marseille : Marius Fabre, Savonnerie Fer à Cheval, Savonnerie du Midi, Savonnerie Le Sérail…

savon marseille vert huile olive

Si vous faites votre lessive maison à base de savon de Marseille, vous pouvez bien sûr l’utiliser pour laver vos lainages. Dans ce cas, versez-en un peu dans le bain de lavage et mélangez bien avant d’y plonger vos lainages.

 

A quelle fréquence laver ses lainages ?

Et bien tout dépend du type de vêtements. Les pulls, gilet, écharpes et châles en 100% laine n’ont pas forcément besoin d’être lavés souvent. La laine est un matériau respirant qui ne garde pas les odeurs. Si jamais votre pull sent le renfermé, ou la fumée du barbecue, ou l’odeur de la raclette de samedi dernier, étendez-le dehors pendant 24h, cela devrait régler le problème. En tout cas, ça marche chez moi !

Cependant, en hiver, je fais une lessive à la main par semaine pour laver les chaussettes. Celles-ci peuvent être portées pendant 2 jours d’affilée sans odeurs, mais elles peuvent aussi se déformer et se détendre assez vite.

Petit conseil : ne lavez pas tout d’un coup, et pas forcément en même temps que vos autres lessives. Car à la contrainte du lavage s’ajoute celle du séchage. Les lainages doivent être étendus à plat sous peine d’être déformés par le poids de l’eau, donc ne lavez pas vos 3 pulls en même temps… Sauf si vous avez une pièce de libre pour les étaler par terre ou sur un lit.

 

Eviter le feutrage

Laver à la main permet en théorie d’éviter le risque de feutrage en machine. Mais le lavage à la main peut également faire feutrer la laine, si on ne prend pas quelques précautions.

Qu’est-ce qui fait feutrer la laine au juste ?

  • Les brusques changements de température : la laine peut supporter la chaleur mais uniquement si elle est progressive, donc le mieux est de tout laver à l’eau tiède ou froide : on ne prend pas de risques. Ne faites pas non plus sécher votre tricot en plein soleil.
  • Les frottements et les torsions : allez-y doucement en frottant le savon, et ne tordez pas le tricot pour l’essorer.

 

Comment procéder ?

Je procède toujours en deux bains : un de lavage, un de rinçage. Je lave mes tricots dans la salle de bains car j’ai une double vasque (donc il y a toujours un lavabo de libre), mais je me sers aussi d’un seau pour les tricots plus volumineux.

Exemple pour la lessive hebdomadaire de chaussettes :

Lavage :

  • Je remplis le lavabo d’eau tiède, à côté duquel je place les chaussettes à laver et mon savon.
  • Je plonge une chaussette dans l’eau.
  • Je la ressors du bain et la frotte doucement avec le savon, en en mettant très peu !
  • Je « malaxe » ensuite pour bien répartir le savon, en la retrempant dans l’eau si besoin.
  • Je la replonge dans son bain.
  • Je procède de manière identique pour toutes les chaussettes.
  • Je remue le tout pour bien mélanger le bain.
  • Je laisse ensuite tremper pendant 1h minimum, ou toute la nuit si je fais ça le soir.

Les chaussettes bleu-vert sont à Monsieur et sont tricotées en Holst Garn Highland (laine et polyamide). Les chaussettes roses sont à moi et sont tricotées en Onion Nettle Sock (laine et ortie).

Rinçage :

  • Je vide l’eau du bain de lavage et fais couler un filet d’eau froide (il paraît qu’il ne faut pas, mais je n’ai jamais eu le moindre problème).
  • Je rince chaque chaussette sous le filet d’eau, en la pressant délicatement, puis je la pose dans l’autre vasque.
  • Une fois que la vasque de rinçage est remplie, je fais couler de l’eau froide – mais pas glacée – dans celle-ci pour faire un bain de rinçage.
  • Je laisse ensuite tremper pendant 1h minimum.

Essorage et séchage :

La laine n’aime pas la torsion, donc je presse les chaussettes pour les essorer. Vous pouvez aussi utiliser votre essoreuse à salade, cela fonctionne très bien et ne cause pas de dommages. Les rouler dans une serviette peut également être une solution satisfaisante.

Pour les sécher en hiver, je les accroche à mon radiateur sèche serviettes. La chaleur est très douce car on ne le règle jamais fort, donc la laine ne feutre pas. Bien qu’étendues à la verticale, les chaussettes ne se déforment pas car ce sont de petites pièces. Elles sont sèches le lendemain. 

En été, je les étends sur mon séchoir à linge, et elles mettent plus de temps à sécher, jusqu’à 48h. Mais je ne lave pas beaucoup de chaussettes en laine quand il fait chaud 🙂

Les pulls et les gilets, quant à eux, peuvent mettre jusqu’à 4-5 jours à sécher. Je les étends à plat sur des dalles en mousse (achetées dans un magasin de sport) et les laisse sécher dans la chambre d’amis.

Bienvenue dans ma salle de bains 😀

 

Et si ça dégorge ?

En théorie, si vous avez lavé votre tricot une fois fini pour le mettre en forme, la laine a déjà bien dégorgé. Mais en cas de doute, lavez séparément l’ouvrage en question, au moins le temps qu’il ne dégorge plus.

Ce sont surtout les couleurs foncées et saturées qui risquent de dégorger le plus : les verts foncés, les bleus foncés, les rouges…

 

Est-ce que c’est contraignant ?

Plus contraignant que de tout mettre à la machine ? Et bien oui, évidemment ! Cela dit, mon organisation est au point maintenant. Elle ne l’était pas au début, bien entendu, mais avec l’expérience j’arrive à m’arranger pour que ça ne soit pas une corvée trop envahissante. Essayez, tatônnez, et puis personne ne vous en voudra si vous lavez à la machine, hein…

Ce n’est pas très contraignant pour moi car j’attache une valeur sentimentale à mes tricots : les laver à la main est un compromis que je fais facilement. Mais ce ne serait peut-être pas le cas si je devais assumer l’entièreté des tâches ménagères à la maison. Le fait que mon compagnon s’occupe de faire les menus de la semaine, les courses et la cuisine me permet d’avoir du temps pour ce genre de corvées, sans qu’elle ne se rajoute à une interminable liste de choses à faire…

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